Qui a dit que construire une école était des vacances?

La Tanzanie n’est pas le pire endroit pour prendre ses vacances. C’est plutôt une des destinations préférées des amateurs de safaris combinés à quelques jours à la plage. Un bref aperçu de ma 13e semaine au pays qui se résume à être tout le contraire des 12 dernières (un peu d’intimité, un peu beaucoup de repos et du temps pour ne rien faire).

Une famille d’éléphants parmi tant d’autres au Tarangire National Park

Au sommet du cratère Ngorongoro avec Tarloch Pownall, propriétaire et guide de la compagnie Old Tanganyika

Un troupeau de gnous dans le cratère Ngorongoro

Cratère Ngorongoro

Un tour de voilier à Matamwe Beach, Zanzibar

La plage de Matamwe, Zanzibar

Le levée du soleil, vers 6:00 ce matin.

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Une journée pas comme les autres

Samedi matin dernier, comme tous les jours des douze dernières semaines – exception faite la seule journée de congé dont il a bénéficiée pour maladie – Eliakimu arrive à la maison avec la voiture de MWEDO. Cette fois par contre, ce n’est pas pour transporter tous les bénévoles au site de construction, ni pour faire la ville avec Sameena à la recherche de matériaux de construction, ni pour travailler. Cette fois, j’ai emprunté la voiture de MWEDO pour nos projets personnels – merci Ndinini – afin d’aller visiter la chute près du mont Meru. La chute n’étant qu’un prétexte pour passer une dernière journée avec notre babou mais aussi avec ses enfants.

C’est avec plein de sucreries, chocolat, jus et notre bonne humeur que Sameena, ma mère, moi, Éliakimu, sa plus jeune fille Pamela, son fils Lukas et un de ses amis guide de safari partons pour le parc national d’Arusha, à 1h du centre-ville. Après avoir perdu 2h de notre temps à payer les frais d’admission – ne vous ais-je pas déjà dit que tout prenait au minimum trois fois plus de temps ici sinon plus? – nous roulons tout près de 30 minutes dans la flore luxuriante aux abords du mont Meru croisant zèbres, buffles et singes. À la deuxième barrière, un stationnement nous y attend ainsi qu’un ranger bien armé de sa carabine pour nous accompagner jusqu’à la chute, une légère petite marche dans la plaine. Les buffles étant les animaux les plus agressifs de la faune africaine, tuant moins que les hippopotames, mais pouvant attaquer n’importe qui et quand sans raison, notre ranger Baraka dit Bazouka (n’est-ce pas un prénom prédestiné à cette profession?) ne semble pas inquiet du tout au passage d’un troupeau de buffles et nous guide jusqu’à la grande chute au fond de la crevasse. Eliakimu est aux anges, né à Arusha, il n’a jamais visité le parc bien connu, ni ses enfants d’ailleurs.

Au retour en ville, nous invitons la famille à venir manger avec nous, à essayer la pizza pour la première fois de leur vie. La plupart des Africains de l’Est ne sont pas des amateurs de fromage et connaissent la pizza que par les films qu’ils ont vus. Le constat est positif : ils aiment bien ça et si ce n’était pas le cas, avec leur extrême politesse, ils ne nous le diraient pas de toute façon. Ils en laissent même un peu pour ramener à la maison afin de faire goutter à leur mère qui a dû manquer notre sortie pour des funérailles.

L’enthousiasme d’Eliakimu était touchante lorsqu’il a passé la barrière du parc, lorsqu’il a grimpé les racines rampantes d’un arbre sur la roche et lorsqu’il a admiré le groupe de girafes. Très modeste, Eliakimu m’impressionne toujours par sa sagesse et sa grande foi chrétienne. N’ayant besoin que peu d’argent pour être heureux – ses besoins financiers sont surtout concentrés sur les frais de scolarité de ses enfants – il passe davantage le bonheur des autres avant le sien et il voit la beauté en chacun de nous. Je n’hésiterais pas à confier ma vie entre ses mains, je suis sûre qu’elle me reviendrait beaucoup plus pure et certainement moins compliquée!

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Au revoir

La cérémonie d’inauguration que MWEDO nous a réservée mardi dernier était une récompense considérable pour tous les efforts que nous avons faits jusqu’à la fin du projet. Les femmes et les étudiantes maasai visitant l’école en criant et pleurant de joie fut une marque de reconnaissance à la hauteur de notre travail.

Difficile d’imaginer que c’est maintenant terminé. Déjà, des amis sont partis. David, Kasia et Frédérique, la maison semble si vide sans vous. Bientôt, il sera temps de partir à mon tour et de quitter Sameena, Mila, mon babou Éliakimu.

Les souvenirs courent dans ma tête comme l’action dans un film. Des rires de bonheur et de plaisir pour les bons coups et les surprises, des larmes de colère, de peine et de fatigue lors des mauvaises journées, des centaines de messages textes et de crédits de téléphone, des kilomètres et des kilomètres dans le Land Cruiser de MWEDO entre le site, les fournisseurs, la maison et le bureau, des millions de shillings à calculer, des budgets à préparer, de nombreuses pelletées de terre, des milliers de coups de pinceaux, des rencontres extraordinaires, une trentaine de bénévoles foulant la porte de la maison, plus d’une centaine de kilo de carottes, des chaudières de riz, des bananes, des avocats, des soirées au feu de camp dans le jardin avec nos gardiens Mila et Siuri, les enfants de Gomba Estate appelant mon nom et ceux des autres bénévoles toute la journée autour du site, des heures passées devant l’ordinateur jusqu’à minuit les soirs, la musique du réveille-matin de Fred, les retours du site où on repoussait les limites de l’impossible pour faire des « lifts » à nos travailleurs, notre record : 20 personnes dont David sur le toit, les camions de livraison de briques pris dans la boue, Éliakimu s’occupant de nous tous comme ses propres enfants, la fois où on a fait tomber un poteau de téléphone avec le Land Cruiser, l’autre fois où Éliakimu a reculé dans la voiture du fundie en chef, l’aventure dans la carrière de roches en boîte de truck, les soirées de foot, les singes envahissant notre bureau extérieur chez MWEDO, les agents de l’immigration à la barrière de la maison,  Frédérique marchant à travers Arusha habillée en maasai impossible d’échapper aux commentaires de toute la ville, Tumaini et son histoire familiale, l’ordinateur volé, les situations les plus absurdes. La liste des souvenirs de ces 84 derniers jours est longue à énumérer.

La fin d’un projet marque le début d’un autre. Éliakimu a tâché de me le rappeler un jour où j’étais bien nostalgique de voir la fin arriver. Avec cette pensée en tête, cette aventure et les gens extraordinaires que j’ai eu le privilège de connaître, je dis maintenant au revoir et peut-être à bientôt.

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La construction achève

24/07/2010 Annie 3 commentaires

Après 9 jours de peinture, nettoyage et grattage, les travaux tirent à leur fin. D’ici mardi, encore toutes les chambres des dortoirs doivent être peinturées. Nous avons très hâte de terminer le tout!! Courage!

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De Kibera à Arusha

Ma mère est arrivée mercredi dernier à Nairobi. Après avoir été retardés mon taxi et moi par un bouchon de circulation pendant 1h30, j’avais bien peur qu’elle sorte de l’aéroport avant que je n’arrive. Par chance, son vol était arrivé en retard, alors j’ai pu être là à temps pour l’accueillir. Après 24 heures de vol et d’attente, la fatigue était bien installée, mais la joie d’être arrivée aussi! Un bon souper, une bonne douche et une bonne nuit de sommeil ont été suffisants pour casser le décalage horaire. Nous étions fin prêts à attaquer notre matinée avec deux autres bénévoles arrivés la veille également. Nous allions visiter Kibera avec Njenga, notre ami chauffeur de taxi. ROTH a peut-être le projet de construire un centre pour femmes dans le fameux bidonville kényan et j’étais intéressée à voir l’endroit de mes propres yeux.

Rendu célèbre par le film The Constant Gardener, Kibera peut sembler effrayant et dangereux. Actuellement, ce n’est ni épeurant, ni risqué de s’y promener le jour. Tout le monde nous remarque et nous sourit; les enfants crient « How are you, how are you » exactement comme dans le film cité ci-dessus, traduction littérale de « Habari » (formule de politesse en swahili). Il reste malgré tout impossible de passer dans le plus gros bidonville de l’Afrique de l’Est en restant indifférent. La propreté est inexistante et la pauvreté saute aux yeux. La rivière est infestée de déchets et les porcs s’y promènent avec leurs cochonnets pour y boire l’eau infecte et y trouver de la nourriture. Des gens habitent à trois mètres de la voie ferrée, là où leur salut se traduit à lancer leurs sacs de déchets dans les wagons lorsque le train passe ou pour les plus désespérés, à enlever une partie du rail pour arrêter le train et y voler sa cargaison. Malgré cela, les gens sont beaux, fiers, bien habillés et accueillants, rendant ce lieu paradoxal.

Nous sommes partis l’après-midi même pour Arusha et avons plongé à fond dans les travaux de peinture. Armés de notre rouleau et de notre pinceau, nous avons pratiquement terminé les salles de classe (merci aux bénévoles pendant mon absence)! Et nous sommes maintenant très avancés dans les dortoirs. À peine une semaine avant la fin, nous avons besoin plus que jamais de l’énergie de tous. Espérons que le rythme se poursuive d’ici là!

Photo : Dermot Kehoe

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Le marché d’Arusha

Photo : Dermot Kehoe

Au bout de la rue principale d’Arusha, la Sokoine Road, se trouve une épicerie digne d’un muzungu, le Shoprite. Avec ses larges allées, ses comptoirs de fruits et légumes, sa boulangerie et son stationnement asphalté, on se croirait qu’à une centaine de kilomètres de Montréal. Le Shoprite est situé dans un mail de restos et boutiques conçus pour les blancs, avec des prix muzungu et des produits appréciés des Européens. Resto français avec vins et fromages importés, crèmes glacées italiennes, café espresso à boire en terrasse ou pour emporter. Bref, le repère idéal d’un touriste qui a envie d’un peu de ouate et de propreté assurée. Peu de locaux, beaucoup de blancs, les prix sont gonflés au maximum. L’intérêt de faire ses courses à cet endroit plutôt qu’ailleurs s’explique parce qu’on trouve presque tout à la même place. Mon temps étant limité, c’est plus logique ainsi. Économie de temps = économie d’argent. Mais il y a une autre raison qui m’amène à fréquenter cet endroit trop cher : le marché juste l’autre côté de la rue.

L'entrée cache bien les allées étroites et sales qu'on trouve au coeur du marché.

L’antithèse du Shoprite, situé à moins de 200 mètres de celui-ci, se trouve le gigantesque marché Kilombero. Le repère des locaux. L’endroit le plus culturel de la ville, là où je ne vois pratiquement jamais de blancs. Le prix des produits y est ridicule : 2$ pour 10 kg de tomates, 1$ pour 5 mangues, 50¢ pour un gros bouquet de coriandre, 1$ pour 10 poivrons verts, 4$ pour un filet de bœuf, 70¢ l’ananas. On y trouve beaucoup de n’importe quoi : savon en barre, chaudrons, souliers, poissons. Le sol est en terre battue ou en boue par temps de pluie où flottent déchets, pelures et fruits pourris. L’odeur est extrêmement forte et davantage près des brouettes de poissons. Les gens sont excités de nous voir et tentent de s’arracher nos regards et bien sûr, notre argent. Plusieurs jeunes garçons de la rue y travaillent et y volent, ils sont parfois très jeunes. Toute la journée, ils vendent des sacs 7¢ aux clients et transportent les lourds achats en espérant avoir un pourboire.

Justin et Elburiki, deux garçons de la rue que je croise souvent au marché.

Je me rends dans ce marché au minimum deux fois par semaine. J’ai probablement développé au fil du temps une réputation de bien « tipper » parce que plusieurs « Street boys » connaissent mon nom et se chicanent pour avoir le « droit » de transporter mes sacs. J’ai même vu un pauvre garçon pleurer parce qu’un autre lui exigeait de partir. Cœur sensible s’abstenir. J’adore littéralement me promener de kiosque en kiosque, cherchant les meilleurs prix. On commence par le coin des concombres, des mangues et des épinards, on continue par le district des bananes, des fèves, la boucherie, puis on passe par l’allée des tomates et par les tentes de carottes et les poches d’oignons. Partout, de jeunes garçons essaient de nous vendre de la coriandre fraîche. Le bouquet le plus frais est celui qui remporte la vente. On finit par les camions d’ananas et les stands d’oranges et puis nous voilà à nouveau dans la rue, devant le Shoprite, gigantesque froide structure de métal, là où on se sent un peu plus stérile et nord-américain, loin de l’Afrique noire.

Un garçon de la rue, moi et Eliakimu. Photo : Kasia Mychajlowycz

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Un dictionnaire pour Francis

Dans mon article précédent, j'expliquais que Francis m'avait demandé un dictionnaire Swahili-Anglais. Facile à acheter dans la rue, Christophe et moi avons remis le dictionnaire à Francis vendredi dernier.

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Un coeur en argent

07/07/2010 Annie un commentaire

Déjà juillet bien entamé, le travail continue de plus belle. Les besoins financiers étant de plus en plus pressants, plusieurs de nos bénévoles ont entrepris des levées de fonds auprès de leurs contacts, ce qui nous a permis de ramasser 20 000$ en deux semaines. Je suis tellement impressionnée de la générosité de ceux qui croient en notre projet.

Bénévoles Éric et Christine

Christine Lee – qui a ramassé plus de 5000$ en une semaine et qui a promis de « matcher » les dons pour un maximum de 5000$ – et Éric Vallières, la belle-mère et le père de Frédérique, deux médecins de Seattle, sont venus nous donner un coup de main quelques jours en Tanzanie. La présence de notre chère Christine a d’ailleurs été très rassurante un matin où ma collègue Sameena faisait près de 40 de fièvre et se sentait très faible. Une journée à l’hôpital leur aura permis de diagnostiquer une sérieuse bronchite et notre précieuse bénévole aura eu à passer une nuit à l’hôpital. Christine, Frédérique et moi nous sommes partagées le temps auprès d’elle loin de l’envie de la laisser seule. Nous avons découvert que le savon, le papier de toilette et l’eau potable n’étaient pas fournis par les services hospitaliers. N’est-ce pas du superflu de toute façon? Nooon!

David's donation to ROTH

Dans nos efforts d’amasser davantage de fonds, notre bénévole kényan, David Kimani, qui assiste à nos discussions tous les soirs, a voulu faire sa part pour nous encourager. Un soir en revenant du travail, nous avons découvert une surprise : de la monnaie d’autour du monde que les bénévoles canadiens et irlandais lui ont remis depuis les deux derniers mois et qu’il a placé en forme de cœur avec une note « David’s donation to ROTH ». Nous avons versé une larme tellement nous étions touchés! Merci David pour ton éternel soutien, c’est si apprécié!

Si vous avez lu l’histoire de Tumaïni la semaine dernière et que vous avez envie de donner des sous pour permettre à cette jeune et courageuse fille maasai de poursuivre ses études, Kasia a créé une page de don sur Canadon. L’argent ira directement à la bourse d’études pour Tumaïni par l’entremise de ROTH qui assurera un suivi avec notre jeune maasai et son école.

Chez grand-maman Francis

J’ai fait imprimer il y a quelques jours une cinquantaine de photos des enfants que nous avons rencontrés dans le village. Mon jeune ami Francis, 9 ans, a décidé qu’il serait mon guide et qu’il allait me diriger partout dans le village chez les gens qui apparaissaient sur mes photos. Mère, père, grand-mère, grand-père riaient de regarder ces images de leurs rejetons. Pendant une heure, le village me suivait de maison et maison. Le jour suivant, Francis me délivrait un message à mon nom « Honey » pour « Annie ». Ne parlant que swahili, il souhaitait avoir un dictionnaire pour pouvoir communiquer en anglais. J’ai acheté le dictionnaire hier avec notre bénévole Ariane. À suivre!

Pour terminer, étant responsable de l’épicerie pour 18 bénévoles excluant nos deux gardiens, plusieurs produits alimentaires obtiennent une cote de popularité fort appréciable, en voici la liste :

En position numéro 1 : Le chapati
Délicieux au déjeuner, le chapati est aussi consommé au souper, servi avec lentilles, fèves et autres repas. Il remplace merveilleusement bien le pain naan indien. Les bénévoles en redemandent tous les jours à Irène qui entretient notre maison et qui cuisine les meilleurs chapatis d’Arusha.

Position numéro 2 : Le chai masala
Les Tanzaniens étant de très grands consommateurs de thé, ils consomment cette boisson avec généralement les épices thé masala, 1/3 de lait et une grande quantité de sucre. Au début, on n’est pas certain du goût. Mais à force d’en boire, on en devient facilement accro. Notre gardien Mila en est le plus grand fan à la maison!

Position numéro 3 : Le Nuttela
Référence culturelle de nos habitudes alimentaires nord-américaine, le Nuttela est l’outil numéro un de la bonne humeur matinale et il se marie étrangement bien avec le chapati. Nos bénévoles en raffolent tellement qu’un pot se vide en une seule journée.

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Bon courage Tumaïni!

29/06/2010 Annie 3 commentaires

Aujourd’hui, j’ai rencontré une jeune fille maasai que notre bénévole Kasia a ramenée à la maison. Tumaïni s’est enfuie de sa famille il y a quelques jours. Sa mère, alcoolique, avait arrangé un mariage afin d’avoir en échange de sa fille quelques vaches qu’elle pouvait soutirer à son futur gendre en guise de « paiement ». Son père étant décédé, Tumaïni est à la charge de sa mère et ne peut refuser ce mariage arrangé aux yeux de sa famille et selon les traditions maasai. Le soir où l’échange devait avoir lieu et le mariage consommé (une seule nuit passée avec un homme maasai fait d’une fille maasai l’épouse de celui-ci), Tumaïni, du haut de ses 12 ans, n’a pas eu d’autres choix que de s’enfuir, déterminée à choisir elle-même son futur et à poursuivre ses études.

Comme elle connaissait déjà MWEDO et leurs efforts d’envoyer les filles à l’école, elle a décidé de s’y rendre en espérant trouver de l’aide. Scholar, employée chez MWEDO, lui avait payé ses frais de scolarité l’année dernière, de sa propre poche, la accueillie à nouveau et a décidé de payer ses frais de scolarité pour les trois prochains mois, les fonds étant insuffisants chez MWEDO. D’ailleurs, Tumaïni n’avait que sa robe et sa paire de souliers. Ainsi, Kasia, Frédérique, Christine et moi lui avons donné quelques vêtements de notre collection, souliers, sac d’écoles, quelques articles d’hygiène et l’essentiel pour survivre avant qu’elle ne parte prendre son autobus à destination de sa nouvelle école à quatre heures de route d’Arusha. David, notre bénévole kényan, lui a donné son unique billet de 5000 shillings; les Africains étant d’une générosité débordante pour aider leur prochain.

La suite de l’histoire n’est pas terminée, car l’argent disponible pour Tumaïni n’est pas illimité. Kasia a promis à Scholar de trouver les fonds suffisants pour l’aider à payer les frais qui s’accumuleront bientôt. Je publierai, dès que ce sera fait, la page de dons que Kasia mettra en ligne.

Tumaïni a quitté la maison cet après-midi avec excitation et ses trois sacs remplis de trésors. Alors qu’elle était avec nous, je n’ai pas observé ni de peur, ni de crainte dans ses yeux. S’étant enfuie de chez elle dans la brousse depuis à peine quelques jours, elle semblait si sereine et si déterminée. Quelques morceaux de chocolat, un yogourt et du pain ont suffi pour la satisfaire plus qu’elle ne le demandait. Ce soir, je m’endormirai sur cet exemple de courage infini et je me dirai à quel point je suis choyée d’être née dans mon merveilleux pays où l’éducation est un acquis.

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La situation de Tumaïni n’est pas unique. MWEDO reçoit 400 demandes de bourses d’études par année et ne peut en accepter que 15 ou 20 selon les fonds disponibles. Le choix des boursières est très difficile puisque les histoires d’horreur se comptent par dizaine voir centaine. En guise de consolation, MWEDO et ROTH travaillent actuellement très fort pour trouver davantage de fonds afin d’offrir l’éducation gratuite à 160 filles qui fréquenteront l’école secondaire que nous construisons à Arusha. Cela vous explique pourquoi nous préparons de nombreuses demandes à des organismes internationaux et à des ambassades. Avec l’école et les dortoirs que ROTH construit actuellement, cela donne un très grand coup de pouce vers l’atteinte de l’objectif de MWEDO. Un petit pas à la fois fait toute une différence…

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À la rivière

À la fin de nos longues journées sur le site, nous allons parfois à la rivière profiter de la paix et de la beauté de cet endroit magnifique. Les grands arbres, les fleurs, les oiseaux et l’eau qui coulent me rappellent les paysages des marches en forêt au Québec. À la différence qu’ici, il y a toujours quelques locaux qui font leur lessive dans ce cours d’eau propre. Les enfants sont toujours très intrigués et excités de la venue de quelques muzungus dans leur jardin d’eau. Quelques photos croquées sur le vif.

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